Le langage de la chaussure

mars 22, 2013 dans Beauté

Chut, tendez l’oreille ! Les chaussures nous racontent leur mystère !

Les différentes parties qui composent  une chaussure :

Le semelage est la partie inférieure qui protège la plante des pieds, plus ou moins relevée à l’arrière par le talon.

La tige est la partie supérieure qui enveloppe le pied et qui comprend essentiellement :

-       De l’empeigne : partie supérieure d’une chaussure, elle va de la cheville jusqu’à la pointe de la chaussure. Lorsque celle-ci ne recouvre pas entièrement la partie antérieure du pied, parce que des lanières tiennent le rôle d’empeigne alors il n’y a pas d’empeigne.

-       les quartiers : deux pièces formant l’arrière de la tige

-       la languette. 

Le talon est la partie rigide à l’arrière d’une chaussure se posant sur le sol et sur laquelle repose l’arrière du pied. Les talons sont en général utilisés pour améliorer la taille du corps ou comme objet décoratif. Ils peuvent également être de différentes formes et de différentes hauteurs

Bien. Maintenant que nous savons un peu comment se compose une chaussure, voyons un peu en détails les différents types de chaussures.

Il existe une multitude de types de talon :

  • Talon abattu : talon évasé vers le haut, créant un profil en surplomb ;
  • kitten heel : petits talons aiguille d’une hauteur comprise entre 3,5 et 5 centimètres ;
  • Talon aiguille : talon haut, de plus de 7 cm, et très effilé vers le bas. Il peut atteindre des hauteurs de 15 cm ;
  • Talon baraquette : talon plat et débordant à gorge rectiligne ;
  • Talon bas ou talon plat : talon de faible hauteur dont les faces supérieures et inférieures sont parallèles ;
  • Talon bobine : talon haut creusé sur son pourtour et évasé vers le bas ;
  • Talon bottier ou talon rainuré : talon haut et large fait de lamelles de cuir superposées ou donnant cet aspect ;
  • Talon chiquet : talon très plat constitué d’une unique lamelle de cuir. Ce type de talon se trouve souvent sur des ballerines par exemple ;
  • Talon collant : talon dont le pourtour est au même niveau que celui de la chaussure ;
  • Talon compensé ou semelle compensée : talon qui se prolonge sous la cambrure pour se raccorder à la semelle. Parfois appelé talon plein ou talon wedge ;
  • Talon crayon ou talon stiletto : talon aiguille très haut qui reste fin jusqu’à la semelle ;
  • Talon cubain ou talon quille : talon large, de hauteur moyenne, dont les profils sont rectilignes et dont l’arrière est en pente légère vers l’avant ;
  • Talon débordant : talon dont le pourtour est en saillie par rapport à celui de la chaussure ;
  • Talon en talus : talon évasé vers le bas et dont la surface au sol est plus grande que la surface d’emboîtage (inverse du talon abattu) ;
  • Talon français : talon plat à gorge incurvée et dont l’arrière est en pente vers l’avant ;
  • Talon haut ;
  • Talon italien : talon haut collant et abattu sur toutes ses faces ;
  • Talon Louis XV : talon haut de profil concave et au surplomb très accentué ;
  • Talon recouvert : talon dont le revêtement extérieur est le même que celui de la chaussure ;
  • Talon semi-compensé : talon compensé dont la surface inférieure sous la cambrure est légèrement creusée.

note : une talonnette est une demi-semelle se plaçant à l’intérieur de la chaussure.

Talons

 

 

Voici plus en détails quelques sortes de chaussures à différencier :

Les Stilettos

Le stiletto est un escarpin dont le talon fin mesure plus de 10 cm. Son origine étymologique – Stiletto vient de l’Italien « stilo », qui veut dire petit couteau – met l’accent sur le talon aiguille vertigineux qui caractérise cette chaussure pour femme.

Les Escarpins

Ce mot vient du l’italien « scarpino » qui veut dire « petite chaussure ». En effet, l’escarpin est un soulier léger laissant le dessus du pied découvert. Il en existe de nombreux modèles, mais le terme escarpin fait surtout référence à une chaussure à semelle fine et talon haut.

Ce type de chaussure fait son apparition en France dans les années 50 grâce au grand couturier Christian Dior, qui chausse ses mannequins d’escarpins pour parfaire la nouvelle silhouette New Look.

Un temps boudé en raison des mises en garde médicales concernant le port des talons hauts, l’escarpin a depuis repris tous ses droits et incarne encore aujourd’hui le summum de la féminité.

escarpin

 

Les Derbys

Les derbys sont des chaussures basses ou montantes qui se lacent sur le dessus du pied. C’est en 1940 que le chausseur italien A.Testoni confectionna pour la première fois une chaussure en cuir marron foncé, surpiquée et perforée sur le devant du pied, qu’il baptisa « derby ». Dans les films policiers, la derby est devenue l’accessoire porté par tous les mafieux et son succès auprès de la gent masculine ne s’est jamais démenti.

La derby, qui enferme davantage le pied que le mocassin, est une chaussure classique, qui se différencie de la richelieu par le positionnement de ses œillets. En effet, sur la derby ces derniers sont positionnés sur deux empiècements qui partent de l’arrière pour revenir sur le devant. Pour la richelieu, c’est l’inverse : le lacet passe directement dans l’empeigne.

La chaussure derby, q’elle soit plate ou à talons (pour plus d’allure), est toujours caractérisée par son laçage sur le dessus du pied.

derbys

Les open toe

Comme son nom l’indique, l’open toe est une chaussure qui découvre les orteils. S’il s’agit souvent d’escarpins à talons, les créateurs ont inventé ces dernières années de nouvelles formes d’open toes. Désormais, ce terme peut ainsi s’appliquer à des boots, des ankle boots et même des bottes/tongs ouvertes au niveau des orteils.

 opentoe

Les salomés

Ce prénom, connu pour être celui de la princesse juive responsable de l’exécution de saint Jean Baptiste, sert aussi à désigner une chaussure de femme à bride en forme de « T » sur le coup de pied.

La bride de fermeture qui entoure la cheville se glisse ainsi dans une lanière centrale pour faire de la Salomé une chaussure reconnaissable entre toutes. Est-ce le pouvoir de séduction de cette chaussure très seyante qui lui a valu de porter le nom du personnage biblique ? Toujours est-il que déjà dans l’entre-deux-guerres, les femmes dansaient le Charleston chaussées de Salomés.
De nos jours, le côté rétro de cette chaussure est encore très apprécié.

 salomé

Les bottines

La bottine est une petite botte courte et légère qui moule la cheville et se ferme parfois à l’aide de boutons, lacets, élastiques ou fermetures éclair. Dès le moyen âge, cette sorte de brodequin est très répandue et les têtes royales possèdent plusieurs paires de bottines en cuir fin.

 

Les boots

Ce mot anglais désigne une botte courte, mixte, d’allure plus masculine que la bottine. Plus haute que la low boot ou l’ankle boot qui s’arrête à la malléole, la boot est la chaussure par excellence du motard, skater ou autre biker.

 

Les low boots

Les low boots sont des chaussures à talons coupées juste au-dessous de la malléole, ce qui les distingue des boots et autres bottines. Leur nom exact est « low ankle boots ».

 

Les bottes cavalières

Comme leur nom l’indique, les bottes cavalières étaient à l’origine utilisées pour pratiquer l’équitation.

D’où leur forme particulière et identifiable, car elles sont conçues pour protéger la jambe au mieux et donc possèdent un renfort au niveau du pied et de la cheville. Elles ont également un très léger talon et montent jusqu’en dessous du genou. Quant au cuir utilisé pour les bottes destinées à l’équitation, il est généralement de très bonne qualité.

Aujourd’hui, la mode s’est emparée de cette forme de bottes épurées et les fashionistas l’ont fait leurs. Cependant, la botte cavalière sur le marché du prêt-à-porter n’est plus qu’un pâle ersatz du modèle original que l’on trouve encore dans les magasins spécialisés en équitation, ou chez les chausseurs de très bonne qualité.

 cavaliere

Les cuissardes

Ce sont des bottes de cuir ou de caoutchouc dont la tige monte jusqu’en haut des cuisses.

 

Les Moon Boots

La Moon boot est une sorte d’après-ski, une botte fourrée volumineuse et légère. Son créateur, Giancarlo Zanatta, lui a choisi ce nom en référence aux énormes bottes qui complétaient l’équipement de Neil Amstrong et Aldrin Buzz, les premiers hommes à marcher sur la lune en 1969…

Ce chef d’entreprise italien spécialisé dans la chaussure de montagne a très vite su profiter de la démocratisation des sports d’hiver, si bien que ses moon boots apparaissent sur les pistes enneigées dès 1970, sous la marque Tecnica. Les progrès technologiques textiles – et notamment l’emploi des matières plastiques – lui ont permis de réaliser une botte ultra légère, imperméable et chaude, dotée d’une doublure thermique en tissu jersey et d’une semelle de gomme isolante. Se voyant décliné dans une large gamme de couleurs flashy, cet après-ski est rapidement devenu un accessoire de mode…

 moonboots

Les santiags

La santiag est une botte courte à bout pointu et au talon oblique caractéristique. Ornée de deux « oreilles » servant de points d’appui pour mieux l’enfiler, elle ne se porte pas, mais s’arbore. Il est vrai que le cuir employé et les dessins surpiqués qui la décorent transforment parfois la santiag en objet de collection…

santiag

Les nu-pieds

Comme son nom l’indique, le nu-pied découvre le pied au maximum. Cette chaussure minimaliste se compose essentiellement d’une semelle et d’un système de lanières.

Le nu-pied est vieux comme le monde, puisque les personnages de la mythologie grecque sont déjà représentés chaussés de la crépide, sorte de sandale dont les lanières s’enroulent autour de la jambe. Dès l’Antiquité, les Égyptiens protègent leurs plantes de pied au moyen de chaussures plates à lanières taillées dans le cuir, la paille tressée, la feuille de palmier, le jonc ou le papyrus.

À cette époque, le nu-pied devient un objet d’art, comme en témoignent les sandales aux lanières en or chaussées par les pharaons. Dans la Grèce antique, la sandale est la chaussure la plus courante, comme chez les Romains puis les Gallo-Romains. En Afrique, en Océanie ou en Inde, les sandales – qui ressemblent à nos tongs actuelles – sont aussi très anciennes. De beaux modèles de nu-pieds peuvent être admirés au Musée International de la Chaussure à Romans dans la Drôme, où cet accessoire se révèle être un véritable témoin de civilisation.

 nupied

La sandale est une chaussure légère constituée d’une semelle attachée par un ensemble de courroies. Son existence est très ancienne puisqu’elle remonte à l’Antiquité. En effet, les archéologues ont trouvé des traces de cette chaussure dans les sépultures ou sur les peintures murales des tombeaux, que ce soit en Perse, en Egypte, en Grèce ou à Rome.

La tropézienne est une sorte de sandale fabriquée dans la ville de Saint-Tropez depuis les années 1930. Deux familles, les Rondini et les Keklikian, se sont spécialisées dans la fabrication de cette chaussure à semelle plate et lanières en cuir.

Ce nu-pied était à l’origine destiné principalement aux pêcheurs du petit village provençal, ce qui explique le choix d’un cuir gras – i.e. résistant à l’eau de mer – pour sa réalisation. Les modèles obtenus ressemblent par leur simplicité aux spartiates (chaussures portées dans l’antiquité), tout en étant moins montants sur la cheville.

 tropezienne

Les spartiates

La spartiate désigne une sandale à lanières croisées. La simplicité de cette chaussure lui a valu son nom de « spartiate » en référence à l’austérité qui caractérisait l’éducation reçue par les jeunes Spartes durant l’antiquité. Cependant, il semble que même une semelle retenue par quelques lanières en cuir constituait un accessoire trop confortable pour les futurs héros de la célèbre cité grecque, qui préféraient aller pieds nus.

L’origine de cette sandale est donc à chercher ailleurs : elle remonte en fait à l’époque de l’ancienne Égypte. En effet, des statuettes du pharaon Akhénaton et de la reine Néfertiti, datant d’environ 1300 ans avant Jésus-Christ, les représentent chaussés de nus pieds à lanières extrêmement simples. Après eux, les Grecs anciens et les Romains ont porté un soulier bas à semelle de cuir et aux courroies entrelacées, véritable ancêtre de la spartiate d’aujourd’hui.

spartiate

Les ballerines

La ballerine est à l’origine le nom donné aux danseuses professionnelles, les chaussures qu’elles portaient ont donc pris leur nom. Cependant, ces chaussons décolletés à bouts ronds ne sont arrivés que tardivement dans la garde-robe de la citadine.

C’est en effet grâce à la mère du danseur étoile Roland Petit, qui fabriquait les chaussons de son fils et qui de fil en aiguille s’est mise à concevoir des ballerines pour le grand public (et notamment pour Brigitte Bardot) que l’on doit la fameuse griffe Repetto et la démocratisation de la ballerine. Depuis le modèle a été copié, revisité et est devenu un basic du vestiaire féminin, et ce pour les femmes de 7 à 77 ans.

 ballerine

Les babies

Les babies sont des chaussures ouvertes, généralement à bouts ronds, le plus souvent plates mais aussi à talons. Elles se différencient des ballerines par la bride qui passe sur le dessus du pied. Leur nom vient de leur ressemblance avec les chaussures vernies des petites filles endimanchées.

Réalisée en cuir lisse, en cuir vieilli, en nubuck, en cuir verni ou de couleur, c’est une chaussure qui s’adapte à toutes les tenues. Qu’elle soit fine ou large, simple ou double, élastique ou auto agrippante, sa bride lui confère un style plus ou moins sophistiqué.

 babies

Les mocasins

Le mocassin fut au départ la chaussure traditionnelle des tribus indiennes d’Amérique du Nord. D’origine algonquine, le terme « mocassin » signifie « être assemblé ». En effet, formés d’un seul morceau de peausserie, la semelle de la chaussure et son pourtour sont cousus à une partie en forme de « U » qui couvre le pied. Cette technique d’assemblage est caractéristique du mocassin.

Les Iroquois, les Cheyennes, les Sioux et les Hurons confectionnaient leurs mocassins à partir de peaux de bison ou de cerf cousues avec des tendons et décorées de piquants de porc-épic, de poils d’orignal ou de perles. Quelques paires de ces mocassins indiens authentiques font d’ailleurs partie des trésors du Musée Bata de Toronto au Canada.

Aujourd’hui, par analogie, on appelle « mocassin » une chaussure plate, basse, souple et sans lacets. C’est Eugène Blanchard, fondateur de la maison Weston, qui a introduit le mocassin en France en 1940. Depuis, ce modèle est toujours le best-seller de l’entreprise.

Cette chaussure, qui enferme moins le pied qu’un « derby » ou un « richelieu » et qui se chausse facilement même sans chaussettes, séduit autant les hommes que les femmes. Son côté pratique et confortable aurait pu l’enfermer dans le domaine du sportswear, pourtant le mocassin peut aussi compléter une tenue habillée, tout dépend du cuir employé et de sa couleur. La version croco, satin ou vinyle peut se porter avec un smoking.

 

 mocassin

Voila, les chaussures n’ont plus aucun secret pour vous !

Des questions ? Des choses à ajouter ?

Quelles type de chaussures portez vous habituellement ?

N’hésitez pas à commenter !